Challenge de la mémoire permanent de notre amicale sur la Déportation

 

 

Concours 2006 - 2007       

 

Pendant ces deux années, l’amicale sablaise des déportés, avec le soutien de la Ville des Sables et du Conseil Général de Vendée, a proposé aux élèves des établissements scolaires des  Sables d’Olonne de participer à un concours sur la Déportation.

 

Lancement du concours par la projection du film «Les Survivants» le dimanche 12 novembre 2006 à l’auditorium de la Ville des Sables d’Olonne en présence du Député-maire Louis Guédon, du Conseiller Général Gérard Faugeron et de la Conseillère Régionale Marie-Christiane Boissy.

 

Le succès de cette initiative a débordé du canton des Sables d’Olonne ; (117 copies ont été retenues et récompensées par le jury) Le premier prix du concours a couronné Florian Vizern du lycée Savary de Mauléon des Sables d’Olonne, le deuxième prix a été attribué à Maryse Mauduit du lycée Notre-Dame de Fontenay-le-Comte, le troisième prix à Lucie Faucher de l’Institut de Formation aux métiers de Vente et du Commerce de La Ferrière.

 

 

Copie de Florian Vizern, lauréat du concours

« Déporté, ça veut dire être loin de ce qui nous porte, loin de la vie »

Hafid Aggoune

 

Mon cher  journal, je viens de finir de lire le journal d’Anne Franck. Ce livre m’a beaucoup ému, mais une phrase m’a particulièrement interpellé ; Anne Franck écrit : «Après la guerre, je veux en tout cas publier un livre intitulé ( l’Annexe), reste à savoir si j’y arriverais, mais mon journal pourra servir». C’est pourquoi je souhaite aujourd’hui t’écrire et de faire part de mes impressions et de mes réflexions sur la Déportation, pour Anne Franck et tous les autres, pour dire à Anne Franck que son journal a servi et rassurer tous les déportés, survivants ou morts, nous ne les oublierons jamais.

Le devoir de mémoire est essentiel et primordial pour éviter de commettre les fautes du passé. En ce moment, je réfléchis beaucoup à cette période de l’Histoire, à savoir à la Seconde Guerre Mondiale, mais essentiellement à la déportation qui consiste en la destruction physique et morale d’un peuple. Cette réflexion a débuté lors d’une visite organisée par mon lycée à Auschwitz.

Auschwitz, c’est une chose impossible mais qui a eu lieu, c’est une invraisemblable vérité. En effet, nous avons vu les camps de concentration, les restes des fours crématoires et les chambres à gaz.

Je sais que ce que je vais dire peut paraître maladroit, je sais que je n’ai pas vécu le malheur et le désespoir des déportés, pourtant cette visite m’a bouleversé. Cette visite a été éprouvante : nous étions dans un lieu de torture, je ne cessais d’imaginer le calvaire des déportés tout en essayant d’écouter le guide.. Cette situation était trop paradoxale, nous devions écouter attentivement le guide pour comprendre, pour notre devoir de mémoire et simultanément tout se bousculait dans mon esprit.

Chaque phrase du guide me renvoyait une image : des hommes, des femmes et des enfants, nus, maigres, sales, chauves, torturés. Cependant, même si ce voyage a été difficile pour moi, je n’oublie pas que moi, contrairement aux déportés, je n’ai fait qu’imaginer et je suis certain, par ailleurs, certain que mon imagination doit être, sans doute, bien naïve par rapport à la réalité.

Je crois que ce qu’ont vécu les déportés, nous ne pourrons jamais réellement le savoir. Je sais bien que des reportages existent, que des témoignages ont été publiés, mais rien ne pourra nous faire sentir l’immense détresse de ces gens.

En fait, quand je pense à la Déportation, je suis mal à l’aise et éprouve un profond sentiment de compassion et de respect pour ces gens qui ont vécu le pire et l’inconcevable. Mais je suis dégoûté et intolérant lorsque je pense aux individus qui ont été acteurs de cette boucherie humaine.

J’imagine, mon cher  journal, que tu penses que je pourrais recopier quelques chiffres, quelques témoignages, quelques notes précises de l’Histoire comme on peut en trouver dans les manuels scolaires. Je n’en ferai rien. Je ne veux pas me cacher derrière des statistiques et des dates, en effet, c’est important, mais je trouve que le devoir de mémoire doit également passer par de vraies expressions humaines que les limites des chiffres ne permettent pas suffisamment  Enfin mon cher journal, vois-tu, lorsque tous ces sentiments se bousculent en moi, des questions me viennent. Bien évidemment, je m’interroge, sans doute, comme le plupart, sur les raisons : pourquoi et comment des hommes ont-ils pu faire souffrir tant d’autres hommes ?

Mais une autre question me vient et se pose à moi sans cesse et ne trouvera jamais de réponse ; il est vrai et certain que je ressens du dégoût, de l’incompréhension, un sentiment proche de la haine pour les nazis, et néanmoins cette question taraude sans fin mon esprit : qu’aurais je fait si j’avais été Allemand ?

 

Un challenge de la mémoire permanent est ouvert sur notre site, nous vous invitons à y participer.

 

Désormais un challenge de la mémoire permanent sur la Déportation  est ouvert ayant comme thèmes ou sujets les documents et récits inclus dans notre site. Vous pouvez envoyer vos réflexions, vos sentiments, vos impressions, vos questions par courrier à l’adresse de notre siège 27 rue de la Forêt 85100 Les Sables d’Olonne, ou par le Net à l’adresse de notre messagerie :

 contact@deportessablais.fr

 

Chaque année, fin avril, après le dimanche officiellement consacré à la mémoire des déportés, un jury établira un classement des copies ou réflexions reçues au cours de l’année et de nombreuses récompenses seront remises. Ces récompenses, sous la forme de cassettes, DVD ou brochures, sont offertes par le Conseil Général de Vendée.