Roger Colas

Roger Colas né le 9 septembre 1920 à Revigny (39), devenu Sablais après la dernière guerre, et domicilié 101 rue de la République  au Château-d’Olonne.

En 1941, Roger Colas fut réquisitionné par la Gestapo avec d’autres amis boulangers pour travailler à la manutention de Mézières afin de faire du pain pour des prisonniers de guerre français retenus à la caserne de Mézières.

A ce moment là, fut organisée une filière pour une évasion de ces prisonniers. Ils passaient par les égouts de la caserne, les boulangers les recevaient à la sortie des égouts et leur procuraient vêtements civils et nourriture pour continuer leur cavale.

Le nombre des prisonniers diminuant de jour en jour, la Gestapo remonta la filière jusqu’aux boulangers. Ces derniers avaient déjà pris le large, prévenus qu’ils allaient être arrêtés.

(1) Roger Colas et ses amis arrivèrent jusqu’à Chagny à pied, en circulant de nuit à travers la campagne, puis un taxi les amena à Buxy et ils partirent à travers les vignes pour franchir la ligne de démarcation.

Les soldats allemands les repérèrent avec des jumelles pour les accueillir avec des mitraillettes avant le franchissement de la ligne. La « promenade » était terminée.

Ils furent enfermés 3 mois à la prison de Châlons-sur-Saône et transférés ensuite à la prison de Fresnes.  Ils furent jugés par un tribunal d’exception siégeant à l’hôtel Crillon, place de la Concorde, et tous condamnés à des travaux forcés à perpétuité.

Roger Colas a été déporté en wagon cellulaire le 15 novembre 1941 avec 5 de ses camarades à une époque où une vaste rafle avait été opérée dans le cadre de l’opération «Porto» (une grande vague d’arrestations réalisée par les services de contre-espionnage de l’Abwehr au moment où la résistance à l’occupation allemande s’organisait et s’intensifiait).

Les services allemands avaient réussi à infiltrer des groupes de Résistance qui, en liaison avec l’Angleterre, étaient chargés d’espionner les mouvements des troupes allemandes en France. Un agent double est à l’origine du démantèlement de ces réseaux : Hector Saint Jacques.

Les personnes arrêtées furent déportées en petits convois successifs. Ces petits convois relèvent du processus « classique » de déportation des civils condamnés par un tribunal allemand en zone occupée.

Roger Colas se retrouva au « Zuchthaus » de Rheinbach, puis envoyé à Cologne, ensuite à la prison de Dusseldorf, et, immédiatement après son arrivée dans cette prison, suite à un violent bombardement, renvoyé à Rheinbach. Il resta dans ce camp de travaux forcés du 17 décembre 1941 au 7 juillet 1944.

Son long séjour dans ce camp de travail forcé où les conditions de « vie » étaient particulièrement éprouvantes (appel des détenus, tous nus,  même en hiver sur la place du camp, travail très dur sous les coups de cravache des Kapos de droit commun, nourriture insuffisante) se termina «au Lazaret», à l’hôpital, de Rheinbach. Il ne pesait plus que 46 kilos, très malade, avec une dysenterie dont il gardera des séquelles toute sa vie.

Dans cet hôpital, il connut le docteur Grandié (devenu plus tard président de l’A.D.I.F). Le docteur Grandié remplaçait un autre docteur qui était devenu à moitié fou, toute sa famille étant disparue. Mais ce docteur signait beaucoup de certificats qui ont permis à des dizaines de déportés de rentrer chez eux d’une manière très « légale ».

Roger Colas fut de ces heureux bénéficiaires, le 14 juillet 1944 il retrouvait la France. Après quelques semaines de récupération, reprenant son combat, il accomplit les fonctions d’agent de liaison d’un groupe de maquisards.

Lorsque les troupes alliées foulèrent le sol de France, il s’engagea dans l’armée du Maréchal de Lattre de Tassigny (Rhin et Danube). Il participa à la bataille des Ardennes, en hiver 1944, dans la neige avec 24 degrés en dessous de zéro.

Il fut ensuite muté au fort d’Ivry, obtint ses galons de sous-officier, et participa au ravitaillement des troupes alliées jusqu’à la fin de la guerre.

Roger Colas, sociétaire de l’Amicale Sablaise des Déportés, est décédé le 21 novembre 2003 à son domicile du Château-d’Olonne.

(1) sources : Livre Mémorial des Déportés de France-

Récit de Roger Colas du 15.3.2003 –Archives Amicale Sablaise des Déportés