Octave Manceau

Octave Manceau né le 23 septembre 1923 à La Chapelle Thémer (85). Déporté à Buchenwald le 22 janvier 1944 puis envoyé à Dora et ensuite à Bergen-Belsen où il est décédé en avril 1944. La date de son arrestation est imprécise.

Le 12 août 1943 c’est un vaste coup de filet qui allait décapiter le réseau départemental de Libération Nord. Simultanément, les Allemands opéraient à Luçon, aux Sables d’0lonne, à La Roche-sur-Yon, Aizenay, Montaigu etc. Bardy des Sables-d’Olonne, Giraud, Rambaud, Chevreau, Benétreau, Bourreau, Pabeuf de Luçon étaient arrêtés lors du coup de filet,  ainsi que Bouron de Fontenay-le-Comte. Bonneau, professeur à l’école d’Agriculture de Pétré qui s’était échappé de justesse sera arrêté à Paris quelques semaines plus tard. Rambaud et Bonneau sont, eux aussi, morts dans les bagnes nazis.

Dès 1941, Giraud avait été contacté par une organisation dont le centre directeur se trouvait à Paris en vue de développer un mouvement clandestin. Cette organisation mue principalement par le syndicat national des instituteurs avait à sa tête Pierre Brossolette. Giraud constitua alors un Comité Charente-Poitou avec Constantin Bouron de Fontenay-le-Comte,  Bardy et Gautron des Sables-d’Olonne.

En septembre, ou octobre 1942, Giraud rencontra un officier de l’OCM (Organisation Civile et Militaire) qui lui demanda de rechercher des terrains de parachutage et de former des équipes spéciales pour récupérer les containers d’armes.

Dans la région de Sainte-Hermine, c’est Gourdon aidé par  Mocquais son beau-père qui s’en chargea. Ce dernier mourut des sévices de la Gestapo. A la Roche-sur-Yon, une équipe organisa 2 parachutages, le dernier le 11 août au soir, la veille des arrestations.

Sur l’ensemble du département, un stock impressionnant d’armes avait été constitué, et lors de l’opération du 12 août de nombreux dépôts furent découverts par les Allemands.

Après un séjour à la prison de Pierre-Levée à Poitiers, Octave Manceau fit partie du transport qui part de Compiègne pour Buchenwald le 22 janvier 1944 avec 3 autres camarades : René Bardy, Marc David et Léonce Gourdon. René Bardy mourra, lui aussi, en déportation.

Le Livre Mémorial des Déportés de France donne des indications sur ce transport. (1)

Effectif recensé    2005 hommes
Évadés durant le transport 14  0,7%
Décédés et disparus en déportation 844 42,1%
Rentrés de déportation  990 49,4%
Situations non connues 157 7,8%

                            

Le convoi part le 22 janvier et arrive à Buchenwald le 24 janvier. Certains déportés de ce transport ont été arrêtés à des dates anciennes : le journaliste Edmond Ben-Danou arrêté depuis le 21 août 1940, Julien Caïn ancien administrateur de la Bibliothèque nationale révoqué par Vichy arrêté en février 1941. Mais la plupart des déportés ont été arrêtés en 1943, et 69,6% d’entre eux dans les quatre mois précédant le départ.

Les effectifs des résistants sont importants, comme ceux de l’OCM dans les Deux-Sèvres et de l’ORA dans le Puy-de-Dôme. D’autres sont là pour des actions personnelles : c’est le cas du dessinateur humoristique Jean Bernard, dont un personnage avait le tort, dans un numéro de Ric et Rac, d’avoir une petite moustache et une mèche tombant sur le front.

En France, les victimes de représailles sont nombreuses et leur déportation est rapide car il n’y a pas d’affaires à instruire. Six exemples sont classés dans l’ordre chronologique des arrestations.

A Nantua, le 14 décembre 1943, après une expédition punitive de maquisards contre un collaborateur le 6, plus de 150 personnes sont arrêtées. Après des libérations et des évasions, 92 personnes sont déportées le 22 janvier, dont le maire adjoint et le capitaine de gendarmerie.

A Billom, dans le Puy-de-Dôme, après une véritable opération militaire menée par les soldats allemands et les miliciens, 14 hommes seront fusillés et 47 feront partie du convoi du 22 janvier.

A Morlaix, le 26 décembre, après un attentat le 24, une vaste rafle aboutira à la déportation de 59 personnes, elles aussi dans le transport.

Après un déraillement d’un train de militaires allemands le 23 décembre à Vercheny, dans le nord de la Drôme, 55 personnes sont arrêtées dans les villages voisins pour être déportées le 22 janvier.

Fin décembre, à Annecy, puis à Saint-Eustache, 23 personnes, arrêtées après la mort de soldats allemands, seront aussi dans ce convoi.

Le dernier exemple est encore plus récent. Il se situe à Mussidan, en Dordogne le 16 janvier 1944, 35 personnes arrêtées sur une liste dont les Allemands disposaient. Six jours après elles étaient déportées par le transport du 22 janvier.

Au total, le transport du 22 janvier concerne 2005 personnes dont 1864 français. Des personnalités importantes sont dans le convoi : le colonel Frédéric-Henri Manhès, futur Compagnon de la Libération, Christian Pineau qui a conservé une fausse identité. Figurent aussi trois autres Compagnons de la Libération, à titre posthume pour Pierre Arrighi membre fondateur du CDLR, à leur retour de déportation pour François Boquet du réseau Cohors-Asturies et de Hugues Limonti chef du service de liaisons de la Délégation Générale mise en place par Jean Moulin. Trois parlementaires : François de Tessan, Eugène Thomas et Albert Forcinal. Jacques Courtaud, un des responsables du CDN Castille.

La plupart des déportés français seront affectés au Kommando de Dora pour la fabrication des fusées. Octave Manceau, malade, fera un court séjour à Dora. Inapte au travail, il n’est plus utilisable pour le Grand Reich allemand. Il est envoyé à Bergen-Belsen, au block des agonisants, puis brûlé au crématoire.

(1) Transport : source Livre Mémorial des Déportés de France                                             

Autre source : Archives Amicale Sablaise des Déportés