Les camps de mort nazis

Rappel des camps principaux avec les noms de déportés sablais ou vendéens qui y séjournèrent. Nous avons besoin de renseignements complémentaires sur d’autres déportés sablais ou vendéens qui y auraient séjourné. Adressez-les  à :

 deportessablais@gmail.com

 

Camps d’extermination

AUSCHWITZ –   Camp de concentration (KZ) Ouvert en 1940 pour les prisonniers polonais

AUSCHWITZ 2 – BIRKENEAU  - Camp d’extermination ouvert en octobre 1941 pour la mort immédiate, scientifique et massive des déportés (juifs à 90%). Les survivants libérés le 15 janvier 1945 par les Soviétiques. Commandants du camp : Hess et Kramer.

Effectifs : 1 500 000 – Nombre de morts : 1 200 000 environ.

La famille du Vice-président de l’Amicale Sablaise Bernard Liebhold, d’abord déportée d’Allemagne en France au camp de Gurs (Pyrénées Orientales), a été de nouveau déportée à Auschwitz, (sa mère, sa sœur, ses oncles et tantes ont disparu dans la fumée des crématoires après avoir été gazés). Son père est mort au camp de Nixon en France. Bernard Liebhold est le seul rescapé de cette famille juive après avoir été caché dans le château de Chabannes puis au Collège de Sorrèze sous un faux nom et enfin enrôlé dans le maquis de Vabre. Autres familles sablaises : Esther, Paula et Zelda Akriche - Salomon Baron- Léon et Perla Gategnio- Aurélie, Philippe et Olga Glaser- Caroline Kindler – Fanny Revzin et 26 autres membres de sa famille – Tous gazés dans ce camp d’extermination.  

AUSCHWITZ 3 – MONOWITZ (KZ) – Ouvert pour les forçats déportés –Usines d’armement

BELZEC Camp d’extermination ouvert en mars 1942  - Détruit en mars 1943 –– Chambres à gaz – Fours crématoires – Nombre de morts : 550 000

CHELMNO – Camp d’extermination ouvert en novembre 1941. Libéré le 9 janvier 1945 par les Soviétiques. Gazage des déportés dans des camions aménagés.

Commandant : Bothmann – Nombre de morts : 200 000

 

MAIDAINEK – 0uvert en 1941 – Evacué le 23 juillet 1944 – Vaste KZ pour prisonniers de guerre et civils – Puis camp d’extermination (chambres à gaz et fourgons à gaz)

Commandants : Koch et Kagel. Nombre de morts : 400 000 (dont 4 000 français juifs et non juifs)

SOBIBOR – Camp d’extermination ouvert en mars 1942. Détruit en novembre 1943

Commandants : Strängl et Reichleitner – Nombre de morts : 250 000.

Particularité : révolte des déportés le 14 octobre 1943 (quelques survivants)

 

TREBLINKA – Camp d’extermination ouvert fin mai 1942 – Détruit le 17 novembre 1943-

Commandants : Eberl, Strängl et Franz. Nombre de morts 800 000

Particularité : révolte des déportés le 2 août 1943.

 

Camps de Concentration (KZ)

BERGEN-BELSEN –  (entre Brem et Hanovre) Ouvert en mars 1941 – Libéré par les Anglais le 15 avril 1945. Camp d’hébergement pour les prisonniers soviétiques (50 000 y seraient morts) puis KZ en 1943.

Commandants : Hass et Kramer. Effectifs 300 000 détenus, hommes, femmes et enfants. En mars 1945 : 50 000 dont 26 300 femmes et fillettes. Nombre de morts 170.000.

Particularité : Anne Frank y est morte du typhus en mars 1945. Les Sablais : Guy Kergoustin est décédé dans ce camp, après la libération du camp.  Un autre Sablais, Octave Manceau, venant agonisant du camp de Dora, y a été brûlé dans le four crématoire. Roger Chartier libéré le 29.4.1945, kommando de Sandbostel. Damase Guedou, libéré le 9.4.1945 après son évacuation d’Auschwitz.

 

BUCHENWALD – (à mi chemin entre Francfort et Berlin), le KZ du « bois de hêtres ». Ouvert en juillet 1937. Libéré par les Américains le 11 avril 1945. Lieu de passage et de triage. Plus de cent kommandos extérieurs. Commandants : Eicke et Pister. Effectifs 250 000. Nombre de morts 56 545.

Particularité : possédait un  vieux chêne à l’ombre duquel Goethe venait méditer.

Déportés célèbres : Jorge Semprun, Léon Blum et l’écrivain David Rousset.

Les Sablais : André Annereau, Mathieu Saint-Jouan et Emile de Pianelli, décédés lors de l’évacuation du camp pendant les «marches de la mort». Léon Jaunet mort étouffé dans le wagon à bestiaux l’emmenant vers Buchenwald. René Bardy, brûlé le 24 mars 1944 dans le four crématoire. Noël Bertin, décédé le 14/04/1945 après la libération du camp. Gabriel Biron libéré le 14/04/1945. Paul Francheteau, rescapé du camp, date de libération non précisée.

DACHAU – (près de Munich) Ouvert en mars 1933. Premier camp édifié par les Nazis. Libéré le 30 avril 1945 par les Américains. Jusqu’en 1939 accueille les Allemands (juifs, Tziganes, homosexuels et témoins de Jéhovah). A partir de 1940, accueille des étrangers. Commandants : Weiss, Ruppert, Redwitz, Kick. Effectifs 258 800 dont 12 493 français. Nombre de morts 70 000. Déportés célèbres : les SA de Röhm, Edmond Michelet, le général Delestraint (assassiné le 19 avril 1945). Les Sablais : Albert Roy, président d’honneur de l’Amicale Sablaise des Déportés, après Dachau envoyé dans le kommando de Kempten où il est libéré par les américains le 24 avril 1945. Gaston d’Hostel, porté décédé au camp de Dachau le 8 février 1945.  Emmanuel Garnier mort étouffé dans le train l’emmenant vers Dachau, le 8 février 1945. Edouard Rasquin, porté décédé le 24.1.1945. Fernand Grossin et Jean Airieau, rescapés du camp, date de libération non précisée.

DORA – Ouvert en août 1943. Evacué en avril 1945. Kommando de Buchenwald, puis KZ autonome le 28 octobre 1945. C’est la plus grande usine souterraine ayant jamais existé. Construction des V1 et des V2. Commandant : l’ingénieur Werner von Braun dirige les travaux. Effectifs 60 000 – Nombre de morts 11 000. Les Sablais : Pierre Morin est porté décédé lors de l’évacuation du camp au cours de la nuit du 9 au 10 avril 1945. Il a été enterré à Barleben, au sud de Magdebourg, avec une dizaine de ses camarades. Maurice Bordeau, porté disparu lors de l’évacuation du camp.

FLOSSENBÜRG – (près de Nuremberg) Ouvert en mai 1938. Libéré le 23 avril 1945 par les Américains. KZ destiné à l’exploitation d’une carrière de granit. Puis à partir de 1943 pour la production militaire. Commandants : Weiseborn, Künsiler, Zill, Koegel. Effectifs 100 000. Nombre de morts 73 296 dont 4 371 français. Les Sablais : André Guilbaud, après un passage à Auschwitz, est libéré le 14.4.1945 à Floha, kommando du KZ. Léonce Gourdon, libéré le 20.4.1945 à Donauwitz, kommando du KZ Flossenbürg.

GROSS ROSEN – (Près de Wroclaw en Pologne) Ouvert en mai 1940 – Libéré le 5 mai 1945 par les Soviétiques – Kommando de Sachsenhausen, puis KZ autonome à l’automne 1941. Effectifs 200 000. Nombre de morts 40 000.

MAUTHAUSEN – (Ouest de Vienne) Ouvert en 1938. Libéré le 7 mai 1945 par les Américains.  KZ et centre d’exécutions. Couvre plus de cent hectares. Commandant Zëreis. Effectifs 320 000 – Nombre de morts 195 000 dont 8 203 français. Particularités : Utilisation de chambres à gaz dans le camp même et dans le camp auxiliaire de Güsen, de camions à gaz à Güsen et au château de Hartheim. Les 186 marches de la carrière de granit sont restées dans les mémoires.Déportés célèbres : Le R.P Riquet, Arthur London, Pierre Daix. Les Sablais : Pierre Mauger, agent de liaison du Colonel Rémy au réseau Confrérie Notre-Dame, libéré par les Américains le 19 mai 1945. José Vasquez Fernandez, ancien de l’armée républicaine espagnole, libéré en mai 1945 après quatre années à Mauthausen.  André Coillard, porté disparu dans le terrible kommando de Güsen. Jacques Bethinger, gazé au Château de Hartheim. Edouard Coiffard, porté décédé le 23.11.1944 au kommando de Eisenerz. Marc David et Olivier Offret libérés le 19.5.1945.

NATZWILLER-STRUTHOF (en Alsace) Ouvert le 21 mai 1941 – Libéré le 23 mai 1944 par les Américains. Le seul KZ implanté en France. On y pratique les expériences médicales et des exécutions en chambres à gaz. Commandants : Hültig, Zill, Kramer, Haljenstein. Effectifs 30 000 – Nombre des morts 11 000. Particularités : présence de déportés résistants (les N.N pour « Nuits et Brouillards ») Inscrit à l’inventaire des monuments historiques, le camp reçoit, en moyenne, 150 000 visiteurs par an.

Les Sablais : Mathieu Saint-Jouan, Henri Ichon, Martial Poupeau, Auguste Blandin, Suzanne Cardineau, tous membres du réseau Alliance de Loustanau-Lacau. Ils sont exécutés d’une balle dans la nuque et leurs cadavres brûlés dans le four crématoire du camp. Fernand Pouclet, libéré au kommando de Allach le 30.4.1945

NEUENGAMME – (Près de Brême) D’abord kommando de Sachsenhausen, il devient KZ autonome le 4 juin 1939. Evacué en avril 1945. Il a 75 kommandos extérieurs, 58 d’hommes, 17 de femmes. C’est aussi un centre d’exécutions. Commandant : Tumann. Effectifs 106 000 dont 13 000 français. Nombre de morts 55 000 dont 7 à 8 000 français. Particularités : des avions britanniques coulent, le 3 mai 1945, quatre navires chargés de déportés évacués du KZ provoquant la mort de 7 300 déportés et 600 Allemands. C’est la tragédie de Lübeck.  Les Sablais : Jean Tesson décédé le 8 février 1945. Guy Pineau, disparu lors du bombardement des bateaux. François Hochenauer, rescapé de la tragédie de Lübeck, libéré le 3.5.1945. Robert Barbeau (Vairé) rescapé de la tragédie de Lübeck, libéré le 3.5.1945. Gaston Pineau, libéré le 29.4.1945 au kommando de Sandbostel.

ORIANENBÜRG-SACHSENHAUSEN (au nord de Berlin) Orianenbürg est ouvert en 1933. Sachsenhausen lui est adjoint en août 1936. Ce KZ héberge le QG de l’administration de tous les KZ, les magasins où sont entassés les produits de tous les pillages des SS (vêtements, bijoux, bagages), les arsenaux et ateliers militaires.

Plus de cent komandos extérieurs dont l’usine-camp de construction d’avions Heinkel. Commandants :Koch, Baranowski, Loritz, Kaindl. Effectif total : 204 537 dont 8 à 9 000 français. Nombre de morts : 100 167.  Particularité : abrite l’imprimerie de fausses monnaies. Déportés célèbres : l’ex ministre espagnol Largo Cabarello, le fils de Staline, Paul Reynaud, Yvon Delbos, l’ex-ministre de Pétain Jean Borotra. Les Sablais : André Coillard, porté disparu au cours du transport vers ce camp. Jean Mérouze, date de libération non précisée.

 

RAVENSBRÜCK  (au nord d’Orienenbürg)  Ouvert à la fin de 1938. Libéré le 30 avril 1945 par les Soviétiques. KZ de femmes et centre d’exécutions (par balles, pendaison, piqûres et gaz). Commandants : Koegel, Surhen. Effectifs 123 000 dont 10 000 Françaises.   Nombre de morts 65 000. Particularités : assassinat de la presque totalité des nouveaux-nés, stérilisation des fillettes tsiganes. Déportés célèbres : Germaine Tillon, Denise Varnay, Marie Claude Vaillant-Couturier, Marie-José Chambart de Lauwe, Geneviève Anthonioz de Gaulle. Les Sablais : Simone Fontanel Feuvre, ancienne présidente de l’Amicale Sabaise des Déportés, a séjourné dans ce camp en compagnie de la Nantaise Gisèle Giraudeau qui a témoigné, dans le livre blanc numéro 2 de l’amicale, des terribles conditions de vie de ce KZ. André Cassier libéré le 30.4.1945. Madeleine Chaudourne, libérée le 30.4.1945 au kommando de Belzig. Marguerite Joslin, portée libérée par la Croix-Rouge, près de la frontière suisse.

 

Trois autres Sablais ont connu les prisons et bagnes nazis sans passer par ces camps de concentration : Pierre Bonnet, libéré le 13.6.1945, prison de Rottenbourg. Roger Colas, Zuchthaus de Rheinbach, prison de Cologne, prison de Dusseldorf, puis retour à Rheinbach. Libéré le 14 juillet 1944 dans des circonstances rocambolesques. Marcel Hordenneau, actuel président de l’Amicale Sablaise des déportés, arrêté 11 octobre 1943, accusé, après 6 mois d’interrogatoires, d’avoir « miné la puissance de guerre du Reich allemand et s’être rendu coupable d’aide à l’ennemi ». Prison de Stettin, centrale pénitentiaire de Golnow, prison de Stargard, Zuchthaus de Griebo où il sera libéré le 26/05/1945 et rejoindra l’armée américaine sur les bords de l’Elbe.