André Coillard

André Coillard est né le 28 juin 1924 aux Sables-d’Olonne. Il est le dernier d’une famille de sept enfants qui demeurait rue Maurice aux Sables d’Olonne.

A l’âge de 18 ans, il s’engage dans la Marine Nationale et participe, sous les ordres de l’amiral de Laborde, au sabotage des bâtiments de guerre de la flotte française le 27 octobre 1942 à Toulon. Le dernier navire français coulé, les troupes allemandes arrivent dans la ville.

Comme il ne veut pas être prisonnier des Allemands, il déserte et rentre aux Sables-d’Olonne chez ses parents le 27 novembre 1942.

Prévenu qu’il a été dénoncé et qu’il est sur le point d’être arrêté, André Coillard tente de rejoindre l’Espagne. Il est arrêté à la frontière par la police allemande puis interné à la prison de Fresnes.

Il y restera jusqu’au début de l’année 1943. Transféré ensuite au camp de Compiègne-Royallieu en attente d’un convoi pour l’Allemagne.

Le 8 mai 1943, il fait partie des détenus qui quittent en colonnes le camp et se dirigent vers la gare de la ville. Là, ils montent de force dans des wagons prévus pour accueillir 40 hommes, ils sont plus du double par wagon.

(1)

Effectif recensé du transport

884

hommes
Évadé durant le transport 1 0,1%
Libérés par les Allemands 2 0,2%
Décédés ou disparus en déportation 295 33,4%
Rentrés de déportation 556 62,9%
Situations non connues 30 3,4%

  

Le train quitte la gare de Compiègne au milieu de la matinée, mais, pendant sa marche vers l’Allemagne, il doit s’arrêter à plusieurs reprises en raison de tentatives d’évasion. Peu avant la frontière allemande, les SS font descendre les hommes des wagons et les obligent à ôter leurs chaussures afin de les dissuader de toute nouvelle tentative. Il semble qu’un seul homme ait réussi à s’évader, peu après le départ, à Coucy-lès-Eppes, dans le département de l’Aisne.

Après 2 jours de trajet, marqués par la chaleur et par la soif, le train stoppe en gare d’Oranienburg le lundi 10 mai 1943 vers 2 heures du matin. Les détenus sortent des wagons sous les cris des SS et tous ne parviennent pas, dans la semi-obscurité, à retrouver leurs chaussures jetées en tas sur le quai.

Déjà, ils doivent se mettre au pas de gymnastique afin de rejoindre le camp de Sachsenhausen distant de 4 kilomètres environ. Ils y pénètrent par la porte centrale surmontée de la devise Arbeit macht frei (Le travail c’est la liberté) vers 2 heures et demie du matin environ. Ils subissent les opérations de désinfection et d’enregistrement. Au petit jour, ils sont regroupés sur la place centrale du camp pour un premier appel.

Plus des deux tiers des déportés du convoi du 8 mai 1943 ont été arrêtés, comme André Coillard, à la frontière espagnole. Ils tentaient presque tous de se soustraire au STO (Service du Travail Obligatoire en Allemagne) et de rejoindre les FFL (Forces Françaises Libres) en Afrique du Nord et en Angleterre. Plusieurs personnes ayant apporté leur concours à ces passages en Espagne font également partie du convoi du 8 mai 1943.

Peu nombreux sont les déportés du transport qui resteront au camp central. Après la période de quarantaine, c’est le départ vers les Kommandos extérieurs : à Heinkel pour travailler dans l’usine d’aviation, à Küstrin au confluent de la Wartha et de l’Oder et dans d’autres  Kommandos ou d’autres camps de concentration.

André Coillard sera transféré dans le terrible camp de Mauthausen. Il sera porté disparu dans ce camp ou dans le Kommando disciplinaire de Güsen rattaché à Mauthausen.

Le 24 décembre 1947, le tribunal de Première Instance des Sables-d’Olonne le déclarait : décédé le premier juillet 1946 et mort pour la France

(1) source : Livre Mémorial des Déportés de France

Autre source : Archives de l’Amicale Sablaise des Déportés