1955-2003 : Amicale Sablaise des Déportés

 4 décembre 1955

Quatorze membres étaient présents, trois excusés. Monsieur Flacs donne lecture d’un projet de modification du titre de l’amicale et d’une partie des statuts. Cette modification est acceptée à l’unanimité, le nouveau titre sera :

 Amicale Sablaise des déportés, internés et familles de disparus

Puis, il est procédé à l’élection du nouveau bureau en entier, de nombreux membres étant décédés ou partis des Sables d’Olonne.

Président : M.Duclos, commissaire de police aux Sables d’Olonne,

Vice-présidents : Mesdames Chaudourne et Dupuy

Secrétaire : Roy Albert, lycée des Sables d’Olonne

Trésorier : Revzin Roger

Membres : Mme Legoff, messieurs Larouil, Thomas, Gasnier, Barbeau, Grossin

 9 décembre 1956

Quatorze membres étaient présents : Mesdames Chaudourne, Dupuy, Feuvre, Morin, Bordeau, Coillard, Pineau, Gateau ; messieurs Hordenneau, Barbeau, Larouil, Digonain, Grossin, Roy. Etaient excusés, mesdames Legoff et Jousset, messieurs Goupille, Bizien, Thomas, Revzin.

Le président Duclos ayant quitté Les Sables d’Olonne, il est procédé à l’élection du président. Est élue Mme Dupuy 13 voix. Mme Feuvre, 11 voix,  devient vice-présidente en remplacement de Mme Dupuy.

5 novembre 1958 : Monument à la mémoire des déportés

Le 5 novembre 1958,  décision est prise d’ériger une stèle à la mémoire des déportés. Une souscription, autorisée par la municipalité, est ouverte à cet effet.

Les membres de l’amicale sablaise des déportés, internés et famille de disparus, voulant perpétuer le souvenir héroïque de leurs camarades fusillés, massacrés, déportés pendant la dernière guerre, vont ériger le 26 avril 1959, un monument à leur mémoire.

L’amicale sablaise, ne pouvant seule régler cette dépense, fait appel à la générosité publique. Les dons seront reçus :

Aux Sables d’Olonne : chez

·        Madame Marcelle Dupuy, 28 rue du Château d’eau

·        Madame Feuvre-Froment, 28bis rue Jeanne d’Arc

·        Monsieur Hordenneau Marcel 27 rue de la Forêt

A La Chaume : chez

·        Monsieur Thomas René, Les Filets bleus, rue Saint Nicolas

A Olonne : chez

·        Monsieur Albert Goupille Le Bourg

·        Monsieur Fernand Grossin La Grande Garlière

Le coût du monument s’élève à 318 000 francs. (250 000 francs au sculpteur Lange de la Roche-sur-Yon pour réaliser la stèle de 5 tonnes en pierre blanche de Lavoux à grain sculpture, Terrassement, socle maçonnerie- Pavage pierre verte du Fenouiller 43 000 francs. Pose de la stèle 25 000 francs)

Cette stèle a été érigée rue de Verdun dans le petit jardin près du Centre Culturel de l’Abbaye Sainte Croix. L’urne de la stèle a recueilli, lors de son inauguration le 28 juin 1959, des cendres anonymes de déportés des camps du Strutoff et Neuengamme, puis le 27 avril 2003, les cendres de Simone Feuvre qui était  présidente de l’Amicale Sablaise depuis 1964. Lors de cette cérémonie, le nouveau président Marcel Hordenneau prononça un émouvant hommage à la disparue.

Hommage à Simone Feuvre

De 1955 à 2003, la vie de l’amicale se limita souvent aux seules manifestations du souvenir de la Déportation, aux assemblées générales, à la  galette des rois du mois de janvier et au traditionnel repas annuel qui rassemblaient les adhérents pour des moments d’amitié. Néanmoins quelques dates à retenir : 28 janvier 1958 projection du film «Nuit et Brouillard» au cinéma Rex – 25 mars 1961 projection du film «Mein Kampf» cinéma Jeanne d’Arc – 1965 exposition Ravensbrück – 1966 projection du film «La Passagère» au cinéma Moderne.

Mais, bien que l’article quatorze des statuts de l’amicale prévient que toute discussion religieuse, philosophique ou politique est formellement interdite au cours des réunions, et bien que l’amicale sablaise des déportés soit indépendante des deux fédérations nationales des déportés, l’appartenance de sociétaires à l’une ou à l’autre des fédérations provoque quelques éclats qui déborderont des réunions de l’amicale surtout au moment du rapprochement franco-allemand, l’une des fédérations nationales, La F.N.D.I.R.P. ayant nettement pris position contre ce rapprochement.

Des membres de l’amicale refuseront de verser leur cotisation annuelle pendant un certain temps suite à la position personnelle du secrétaire de l’amicale, Marc David. Il n’y a pas dans les archives un texte d’une déclaration de Marc David secrétaire de l’amicale, inscrite dans le bulletin départemental de la F.N.D.I.R.P., par contre, voici le texte en réponse de Marcel Bousseau, président de l’A.D.I.F. de Vendée :

 

Texte en réponse de Marcel Bousseau

 

Il y eut aussi un problème avec « l’association des Arts Universels », les archives ne mentionnent pas la nature de ce problème mais voici le texte du courrier envoyé à l’amicale sablaise des déportés.

 

Association des Arts Universels

Route de Cholet – Noiron 85000

le 22/04/92

Madame, Monsieur,

Je ne sais que dire, je ne puis que me taire, face à ce passé, à la folie des hommes. Qui que vous soyez, mes frères, nous sommes votre avenir, des corps sans cicatrices. Aux innocents, aux non nés, aux résistants, aux peuples martyrisés, aux vivants et aux morts, nous avons profané nos cœurs dans l’innocence de notre jeunesse. Vous  qui avez survécu pour la mémoire, pour la vie, pour que plus jamais de telles horreurs ne se reproduisent, pour que nous n’ayons ni de cicatrices, ni de haines, vous qui avez vu partir vos parents et amis pour ne plus jamais revenir, je ne sais quoi vous dire. J’ai honte. Le temps qui passe fait renaître les démons et c’est par les arts que nous voulons raisonner les hommes, les âmes, d’un brin de sagesse, d’amour, les toucher, qu’ils comprennent. Nous vous avons fait du mal sans le vouloir, par inconscience, par innocence. Nous vous devons réparation. Si cette lettre ne suffit pas, je vous donne mon nom. Je m’appelle Meneret Philippe et je suis le seul responsable de cette organisation.